Cela faisait longtemps que je désirais voir Bernard Lavilliers sur scène. Je n'ai donc pas hézité une seconde lorsque j'ai appris son passage à Bourges, d'autant
plus que je l'avais raté à plusieurs reprises auparavant. Pas toujours évident d'être en phase avec les évènements auxquels on voudrait participer en tant que spectateur. Il manque soit le temps,
soit l'énergie...
Je ne suis pas, à proprement parler, un fan inconditionnel du chanteur musclé mais il représente, à mes yeux, l'un des survivants de la bonne chanson française, celle qui allie l'esthétique des
mots avec le rythme de la musique.
Des chansons comme "fortaleza", "les barbares" ou encore "noir et blanc" résument bien cette précieuse alliance.
Je ne voudrais pas passer pour un nostalgique du bon vieux temps passé et enterré, mais aujourd'hui, je me demande assez souvent où sont passés les courbes poétiques, les textures épiques, la
jubilation des mots, la saveur musicale qui les enveloppe, dans la nouvelle génération?
Si vous avez des nouvelles, n'hésitez pas à m'en donner, merci.
Pour en revenir au concert en lui même, en dehors de la très bonne prestation des musiciens, un terme s'impose , plus qu'un autre, à ma pensée: humain.
C'est une évidence et ça vaut son pesant d'or en ces temps pixélisés, numérisés, mondialisés, soumis au paroxysme marchand. Ah! Si on pouvait nous vendre l'air que l'on respire! Monsanto
privatise bien le vivant, alors pourquoi pas l'air?
Finalement, on en oublie l'essentiel derrière nos écrans fumés toshiba ou HP. Une fois sorti de nos cases, ça prend des allures de révélation. Le réel remplace l'abstrait et nous couvre d'une
joie...pure? Peut-être après tout.
Humain, si précieusement humain. Ce n'est pas là, pour moi, un simple détail mais au contraire, un caractère primondial qui a presque autant d'importance que la musique en elle même, très
reggae-latino ce soir là.
Il n'y avait pas d'un côté l'artiste et de l'autre, son public. Ce n'est pas l'impression que j'ai eue ce soir là. Le concert me fit plus songer à une réunion entre bons copains séparés depuis
plusieurs années mais de nouveau réunis sous la commune bannière de la musique et des mots.
Lavilliers possède une tendresse qui m'a tout simplement bleufé. J'aurais presque envie de cier "au géni" pour cette unique raison mais il y en a tellement d'autres!
A la fin du spectacle, il est descendu de scène pour partager la danse avec son public... Non, avec ses amis. C'est plus juste ainsi. Nous étions si loin des inaccessibles muses et autres caviars
à la mode!
Je ne crois pas me tromper en affirmant que tout le monde a passé un excellent moment, riche de danse, de musique, de mots, de partage et d'humanité.
Merci monsieur Lavilliers.
ajouter un commentaire commentaires (0) recommander
